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LE QUATUOR AVEC FLÛTE


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Le quatuor avec flûte doit son originalité à une alliance de timbres exceptionnelle. Dans cette formation, la flûte, bien loin de remplacer un éventuel premier violon, apporte un enrichissement de couleurs, d’ouverture sonore et la liberté expressive du souffle. Cette alliance entre le monde des vents et celui des cordes a séduit, au fil des siècles, un nombre impressionnant de compositeurs. Mais son histoire et son évolution sont tout à fait singulières.

 



L’ère classique va, aux côtés du quatuor à cordes, consacrer le quatuor pour flûte, violon, alto et violoncelle comme une formation à part entière des plus prisées. Relativement peu de compositeurs baroques avaient écrit pour des combinaisons instrumentales en quatuor, un genre alors considéré comme l’un des plus difficiles… C’est pourtant des quelques exemples laissés en ce domaine par G.P. Telemann ou L.G. Guillemain que se trouve issue la forme du quatuor. L’instrument à vent jouissant alors d’une formidable popularité, les quatuors pour flûte et cordes apparaissent dans les années 1770 et connaissent immédiatement un immense succès. Au-delà des sommets incontournables que représentent les quatre fameux quatuors de Mozart, ceux de Haydn ou encore de J.C. Bach, leur littérature se révèle alors véritablement pléthorique (Boccherini, Pleyel, Hoffmeister, Danzi, Gyrowetz, Devienne, Gossec, Cimarosa…) et regorge de magnifiques pages à découvrir. De plus, quantité de transcriptions d’oeuvres de Mozart réalisées à la fin du XVIIIe ou au début du XIXe siècle enrichissent de façon substantielle les programmes de concerts de l’Ensemble HÉLIOS. À l’époque romantique, la flûte voit se réduire son répertoire de musique de chambre, au profit de pièces solistes brillantes et spectaculaires. Les virtuosescompositeurs de cette période laissent malgré tout quelques quatuors de belle facture, dans lesquels la flûte tient certes le premier rôle sans équivoque aucun, mais dont l’éclat et le sens divertissant exercent une irrésistible séduction. Les oeuvres de Romberg, Mercadante ou Fürstenau en sont de bons exemples, auxquels s’ajoutent les magnifiques adaptations d’époque des Sonates a quattro de Rossini. Enfin, à l’aube du grand romantisme, Ries et Reicha - deux proches de Beethoven - offrent au quatuor avec flûte de superbes pages concertantes. Au début du XXe siècle, la flûte séduit à nouveau les grands compositeurs. Debussy, Ravel, Roussel et bien d’autres lui écrivent nombre de chefs-d’oeuvre, mais malheureusement sans solliciter le quatuor pour flûte et cordes. Ce dernier se voit pourtant consacrer de splendides pièces sous la plume de musiciens moins connus mais de grand talent : Hennessy, Bourgault-Ducoudray, de Wailly, Thieriot, Gnessin… Le Divertimento de V. Andreae, déjà deux fois enregistré par l’Ensemble HÉLIOS, est ainsi devenu une pièce essentielle du répertoire de cette formation.

La musique contemporaine enfin, grâce aux grands virtuoses modernes, offre à la flûte un nouvel âge d’or et au quatuor de nouvelles pièces passionnantes : Copland, Denisov, Harvey, Tisné, Schuller, Hosokawa, Tanada... Bien plus, les musiciennes d’HÉLIOS ont le plaisir de se voir dédier des compositions par des personnalités de grand talent : Louvier, Bacri, Méfano, Escaïch, Pécou, Rotaru, Finzi...